Troubles fonctionnels de l’équilibre

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On regroupe dans cette entité des troubles comme la dépendance visuelle excessive, l’agoraphobie, l’acrophobie, la cinétose et toute forme d’intolérance aux conflits sensoriels.

Ces troubles peuvent être causés ou aggravés par une pathologie vestibulaire. Ils se manifestent par des désagréments de type instabilité, mal être, angoisse, crise de panique jusqu’à des stratégies d’évitement des situations ; pour éviter ces souffrances, le patient s’interdit les conditions ou lieux favorisant les malaises.

Il ne s’agit pas de vertige au sens médical du terme.

• Le vertige

Le vertige est une illusion de mouvement de l’espace environnant par rapport à soi ou du corps subissant une sensation rotatoire alors que le sujet est immobile. Il s’accompagne parfois de signes vagaux et résulte d’une différence de perception entre organes visuels et vestibulaires.

• La dépendance visuelle excessive

La dépendance visuelle excessive est l’utilisation inadéquate de la vision en tant qu’entrée sensorielle de l’équilibration dans les environnements où elle ne peut-être contributive, comme dans les environnements visuels mobiles ou dans les environnements avec pauvreté de repères visuels ou absence comme dans le noir. De bons exemples sont : les grands magasins, la conduite sur autoroute, les transports en commun, devant la Tv, au cinéma, sur un trottoir parmi les piétons, le trafic.

Ce trouble désigne donc une atteinte fonctionnelle neurosensorielle car il s’agit d’un transfert inapproprié du poids de l’information vestibulaire, éventuellement défaillante, vers l’information visuelle. Celle-ci étant non contributive, le sujet atteint se trouve « en panne d’information sensorielle» pour construire son équilibre et se mouvoir dans l’espace, d’où les malaises décrits.

• L’agoraphobie

L’agoraphobie est souvent associée aux troubles paniques.
Agora vient du grec et veut dire: la place publique, le lieu de rassemblement, du marché de la Cité.

Elle n’est pas la peur de la foule au sens propre mais comme la définit GOODWIN : «une anxiété à être dans un endroit ou une situation dont on aura difficile à s’échapper ou dont l’aide nécessaire en cas de besoin craint de ne pas être trouvée ». Ce qui effectivement se retrouve souvent dans les environnements très fréquentés d’où la confusion. Mais de nombreuses autres situations, conduisent également à l’agoraphobie.

Elle est une conséquence fréquente de la dépendance visuelle excessive puisque les patients mettent en place des stratégies d’évitement des situations ou lieux dans lesquelles ils craignent que leur trouble se manifeste. Ce n’est pas tant la foule, les supermarchés ou les voitures que craignent les dépendants visuels mais plutôt leur mouvement, le défilement de la scène visuelle ou la pauvreté voire l’absence de repère visuel empêchant l’utilisation efficace de l’entrée visuelle.

• L’acrophobie

La sensation de malaise qui peut survenir en hauteur ou face au vide s’appelle acrophobie et résulte d’une mauvaise balance entre les informations visuelles non contributives et les informations proprioceptives comme la perception de la pression et du contact des pieds au sol. C’est une autre manifestation de la dépendance visuelle.

• La cinétose

La cinétose est l’intolérance à supporter les déplacements dans un moyen de transport, voiture, avion, bateau, train, tram, bus….

Elle résulte d’un conflit sensoriel entre les informations visuelles d’une part et les autres informations proprioceptives provenant du contact au sol ou de la perception des mouvements par les capteurs de l’oreille interne, les organes vestibulaires.

Chez certains sujets les centres d’analyse cérébraux se révèlent incapables de gérer des informations discordantes. Il s’ensuit une incapacité à fournir une analyse de la situation de conflit, conforme à la réalité. Cela débouche alors sur un malaise plus ou moins intense accompagné le plus souvent de vomissements. Le mal de mer ou de l’air sont des exemples très répandus de cette incompétence.